Observatoire du Parlement
Dans la mesure où l’identité nationale est très liée à la notion d’héritage, quelle place accordez-vous dans l’identité française aux deux derniers siècles de notre histoire nationale, marqués en grande partie par les idées de la Révolution ?
Jacques Bompard : "Nul ne peut effacer 200 ans d’histoire. Y prétendre, c’est, au fond, vouloir penser et agir comme un Eric Besson. Il convient plutôt de s’interroger et, peut-être, d’admettre que, ce qui s’est passé depuis 1789, correspond à une partie de l’âme collective de notre peuple. Le défi intellectuel est d’expliquer à ces Français que les idées qu’ils pensent justes et généreuses comme, par exemple, la justice sociale, ne sont pas portées par la République telle que nous la connaissons, que sous couvert d’égalité et de liberté, on nous a bâtit en deux cents ans une prison mentale au seul service d’intérêts financiers."
: "La France ne se réduit pas à la République et son histoire ne débute pas en 1789. Les idéologues laïcistes voudraient nous faire croire que l’identité nationale ne serait en fait qu’une identité républicaine résumée par les concepts de liberté, d’égalité et de fraternité. Au contraire, notre identité nationale porte l’héritage intégral de toute l’histoire des populations qui ont vécu et travaillé et combattu sur cette terre de France, populations qui sont, au cours des siècles, devenues un peuple, et territoire qui est devenu un pays, une patrie, une nation. L’idée française qui est née avec le baptême de Clovis a transformé en quelques siècles une monarchie féodale en monarchie nationale grâce aux rois qui ont fait la France. Comme le disait Charles Péguy, “la République une et indivisible c’est notre Royaume de France, c’est la quatrième dynastie”. Ainsi, la Monarchie française, les Républiques et l’Empire ont façonné notre histoire et notre identité nationale."
Force est de constater que ces deux responsables politiques ont le courage de rappeler la véritable identité de notre pays. Celle-ci est une évidence historique, aujourd'hui niée par les démagogues, politiques, comme médiatiques...